Les troubles sévères du comportement au quotidien.

Coucou, aujourd’hui, je vais te parler de mon fils Diego âgé de 9 ans, plus précisément de notre quotidien à ces côtés. Depuis l’âge de 2.5 ans, nous avions remarqué que son attitude, sa façon de réagir, sa façon de gérer ses émotions étaient différente de sa grande sœur. Il aura pourtant fallu attendre qu’il est presque 8 ans pour que l’on nous annonce qu’il souffrait de troubles sévères du comportement. Après plusieurs tests, plusieurs années de thérapie chez une psychologue, etc..

C’est pourquoi aujourd’hui, je voulais te partager cette facette de notre vie. Pour que certaines idées reçues cessent, d’exister. Car peut-être que toi aussi, tu connais des personnes qui en souffrent dans ton entourage et que je sais mieux que quiconque à quel point on peut se sentir seul dans cette situation.

trouble sévère du comportement

Troubles sévères du comportement , les premiers signes .

À l’âge de 2.5 ans, Diego a commencé à avoir des terreurs nocturnes, ce qui arrive souvent chez les enfants à cet âge-là, une crise dure environ entre 1 à 5 minutes. Pour Diego, les crises pouvaient parfois durer plus de 15 minutes, avec des cris de terreur, un regard vide, ne se rendant pas compte de notre présence, il était violent envers lui-même, se mordait, se tapait, etc. Ce fut très compliqué à gérer, nous étions là, le prenions dans nos bras et l’on essayait tant bien que mal de le rassurer. Mais ça arrivait souvent que je finisse avec des bleus. De plus, il faut savoir que le lendemain, il n’en avait aucun souvenir, pour lui la nuit avait été parfaitement normal. ça a duré environ 1 an en diminuant progressivement.

Puis vers l’âge de 3.5 ans, Diego a commencé à faire de fortes crises à chaque fois qu’il devait monter dans le bus pour partir à l’école. Il hurlait, s’accrochait à mes vêtements et refuser de me lâcher quand l’accompagnatrice essayait de le faire monter dans le bus. On savait que ça ne durait jamais longtemps dès qu’il ne me voyait plus et que le bus tournait au coin de la rue, il s’était calmé. Ces moments sont très difficiles à vivre, je me sentais vraiment impuissante, mais à ce moment-là on me disait juste que ça ne serait qu’une passade, certainement que le fait de me laisser l’inquiétait. On décide donc, de déménager de façon à ce que je puisse l’emmener moi-même à l’école, ce qui pour moi aurait résolu le problème.

Mais, en fait rien n’y faisait, au moment de le laisser à l’école même soucis, des pleurs, des cris, je me sentais complètement désemparé par mon petit garçon. Ces crises pour partir à l’école, on durait jusqu’à l’entrée à l’ITEP, cette année à la rentrée de septembre. On apprendra plus tard qu’il souffre d’une peur de l’abandon, ce qui explique ce comportement.

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Des crises de plus en plus violente.

Puis il y a eu de plus en plus de crises pour tout et n’importe quoi dans les magasins si on refusait de lui acheter ce qu’il voulait, à la maison si ces sœurs refusaient de jouer à ce qu’il voulait ou encore si on refusait de faire ce qu’il demandait. Il refusait simplement d’entendre non, il ne fallait rien lui refuser.

Il a commencé à devenir de plus en plus violent envers ses sœurs, envers son papa et envers moi. On essayait de gérer les crises comme on pouvait, de le rassurer de lui montrer qu’on était là. Mais rien n’y faisait, j’avais de plus en plus de mal à gérer et à relativiser. Car oui ce qui différencie une crise d’une colère, c’est que lorsqu’un enfant fait une crise, il ne se rend plus compte de ce qu’il fait, sa force est souvent décuplé. C’est en fait un trop-plein d’émotion qui arrive d’un coût et qu’il ne sait gérer autrement que par les cris et la violence.

J’ai passé énormément de nuit, à m’en vouloir, à pleurer. Je ne comprenais pas, je ne savais pas quoi faire. J’avais l’impression d’être une mauvaise mère et d’avoir loupé quelques choses. Ce sentiment est encore très présent, un sentiment de culpabilité intense, mais aujourd’hui, je suis entourée et on essaye de me faire comprendre que je dois changer ma vision des choses. Mais à l’époque où ça a commencé, j’étais seule. Seule est trop souvent incomprise.

Ces phrases trop souvent entendu.

S’il y a bien une chose qui m’a blessé et qui me blesse encore parfois aujourd’hui, même si maintenant, j’essaye de relativiser. C’est les phrases moralisatrices, ces phrases de jugements dites par des personnes qui n’imaginent pas une seule seconde ce qu’est notre quotidien. Dites souvent par des étrangers, mais parfois et c’est là que c’est le plus dur, par des proches.

Combien de fois dans les magasins lors d’une crise de Diego, j’ai pu entendre. “A quoi ça sert de faire autant d’enfants si on n’est pas capable de les gérer ?” “Mais c’est quoi cet enfant mal élevé ? ””Pourquoi le prendre avec si c’est pour qu’il se fasse autant remarqué” ou bien encore “Encore une qui a fait des enfants pour le pognon et n’est pas capable de s’en occuper !”. Au début, je me taisais, je faisais comme si je n’entendais pas. Mais au bout d’un moment, on ne peu plus se taire et ne rien dire, on arrive plus à garder son calme. On est déjà énervé et stresser par la crise de notre enfant que l’on n’arrive pas à calmer, et en plus, on doit se taper des réflexions déplacé de vieux c¤¤s et de vieilles c¤¤¤¤s, ou encore de jeune trou du c¤¤ qui n’ont pas d’enfants et se permettent de juger.

Et puis il y aussi les phrases de proche du genre “oui, mais tu lui passes tout à ton fils, c’est normal qu’il fasse des crises”. Et tu ne t’ai pas dit que si j’en étais arrivé à tout lui passer, c’est peut-être parce que j’étais épuisé de prendre des coups, épuisée de faire face à ces crises constantes, épuisées de le voir s’en prendre à ses sœurs. Car non ce n’est pas une crise par jour qu’il faut gérer. Parfois ça pouvait être plus d’une dizaine de crises, de la petite crise résolu en 10 minutes, à la grosse crise difficilement calmé en plus d’une heure.

Les démarches pour arriver à un diagnostic.

Au départ, la maîtresse de Diego nous a conseillé l’orthophoniste pour ces difficultés scolaire. J’ai donc contacté le cmpp et en parlant des problème rencontré nous avons décidé, en plus de lui faire suivre une thérapie avec une psychologue.

Sa psychologue nous a conseillé de faire appel à une éducatrice, ce que nous avons fait également. Nous avons aussi pris la décision de demander une TISF qui intervient à la maison en présence des enfants, ce qui me permet au moment des devoirs par exemple, d’accorder du temps à un seul enfant, le temps qu’elle s’occupe des autres. On faisait pareil au moment des activités, car sinon, c’était impossible pour moi de faire une activité seul avec tous, car Diego voulait mon attention que pour lui. La TISF, m’a beaucoup aidé, même si elle aussi, reconnaissait être désemparé face aux crises de notre fils, et n’arrivait pas non plus à nous dire comment gérer ça.

Les premières années de visite chez la psycologue, nous avons essayer de comprendre ce qu’il se passait, mais nous n’avions aucune réponse à nos interrogations. On se sentait toujours aussi seul, toujours aussi perdu. Je l’ai emmener chez un pédopsychiatre privé pensant qu’il souffrait peut-être de TDA ou TDAH, mais ça n’a rien donné. Je passais des heures sur internet a essayé de trouver des témoignage de parent dans le même cas que moi, mais à chaque fois mes recherches ramenées au TDAH ou trouble du spectre autistique. Sauf, que pour nous toutes ces pistes avaient déjà été écarté.

Au départ, la violence n’était présente qu’à la maison, à l’école, Diego était un petit garçon effacé qui ne se faisait que très peu remarqué. Puis à son entrée en ce1 en 2017, nous avons commencé à remarqué un changement dans son comportement.

Les crises avant de partir à l’école étaient de plus en plus violente, il répondait au personnel de cantine ou à l’accompagnatrice du bus. Commencer à se battre avec d’autres enfants. Ces difficultés scolaires empirées. Il ne rentrait pas du tout dans la lecture, écrire était pour lui extrêmement difficile. De plus en plus de retard sur le travail, de plus en plus dans la lune en classe. Je sentais que quelques choses n’allaient pas, mais je ne comprenais pas quoi.

On lui a donc fait passé des tests avec la psychologue scolaire, mais rien n’est vraiment ressortit de ces tests. Rien qui pouvait nous avancer dans ce diagnostic.

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Un rendez-vous qui allait tout changer.

Suite à un rendez-vous avec la directrice de l’école au sujet des difficultés scolaire, elle nous dit qu’elle souhaite faire une réunion avec toutes les personnes qui sont en contact avec Diego. Psychologue, orthophoniste, éducatrice, TISF, maîtresse, maître E, psychologue scolaire, tout le monde serait réunit dans le but de parler d’une potentielle demande à la MDPH pour une AVS en classe l’année qui suivait.

On commence par parler de ses difficultés scolaires, rien de bien nouveau, nous sommes déjà au courant de tout ça. Puis on me demande d’expliquer comment ça se passe avec Diego à la maison. Et là, je m’effondre complètement, j’avais l’habitude d’expliquer notre situation, mais jamais devant autant de monde. Je me suis senti plus faible que jamais, plus inutile pour mon fils que jamais.

Suite à mon récit pour la première fois, tout le personnel gravitant autour de Diego s’est mis d’accord pour nous dire, que oui notre fils souffrait de troubles sévère comportement, et qu’il allait falloir plus qu’une simple AVS. Car oui, jusque-là, on m’en avait parlé vaguement de ces troubles, mais sans me dire que oui, c’était bel et bien de ça que souffrait notre fils.

C’est la directrice de l’école que je ne remercierais jamais assez, qui a proposé l’ITEP. Pour elle, s’était la meilleure solution. Jusqu’ici, on m’en avait déjà vaguement parlé, mais la psychologue du cmpp et l’éducatrice n’était pas sure que ce soit la bonne solution. Et après cette réunion, comme par hasard tout le monde tomber d’accord.

Ensuite, il nous a fallu faire toutes les démarches, mais je vous expliquerai tout ça dans un article dédié si ça vous intéresse, car ça risque d’être un peu long. Mais au final nous avons eu un accord d’ITEP pour 3 ans.

Pour conclure :

Cet article commence vraiment à être long, j’ai donc décidé de vous faire un article complet sur son entrée à l’ITEP et les changements depuis qu’il a commencé. Sinon cet article risque de devenir très vite indigeste.

Si j’ai décidé de parler de ce sujet, c’est que je souhaite que le tabou sur les troubles sévère du comportement soit levé. Que l’on ose en parler. Depuis mon premier blog où j’en avais déjà parlé, plusieurs mamans sont venues me poser des questions en privé, car elle rencontrait les mêmes problèmes. J’ai pu les aider à se sentir moins seule, les conseillers pour leurs démarches et j’en suis vraiment heureuse.

Si tu as la moindre question, si tu souhaites me parler, je suis disponible via mes réseaux sociaux ou encore par mail avec l’onglet contact dans le menu du blog.

Se confier et parler de ce quotidien, n’est pas simple. Mais, si avec ce récit, je peux montrer ne serait-ce qu’à une maman qui doit faire face à cette difficulté qu’elle n’est pas seule. Je serai que j’ai pris la bonne décision en t’en parlant.

Sur ce, je te fais des bisous et je te dis à très vite pour un nouvel article.

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